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Le “ Taharrush jamaʿi al-jins “

24-08-2016
C’est une expression en langue arabe qui signifie littéralement " Harcèlement sexuel collectif en lieu public”. 

Les médias internationnaux utilisent souvent une expression erronée
“ Taharrush Gamea” qui est due à une erreur de phonétique. Par cette expression, on désigne une agression sexuelle de masse aux dépends d’une femme qui a été mise en pratique pour la première fois en 2005, en Egypte, quand les autorités du pays ont formé des groupes d’hommes qui devaient agresser les femmes journalistes qui prenaient part à des manifestations qui voulaient boycotter un référendum pour les réformes de la constitution. La ECWR, “ Centre Egyptien pour le Droit des Femmes” une ONG, avait fait une première campagne pour signaler des harcèlements sexuels de la part de la police et d’agents provocateurs.

En 2006, ces harcèlements contre des femmes et des jeunes filles de la part de jeunes hommes pendant les festivités de “Id al-Fitr” furent dénoncés sur les réseaux sociaux égyptiens. 

En 2008, una cinéaste locale, Noha Rushdie, a été la première femme à gagner un procès contre un agresseur sexuel.

Le film 678 de 2010 a été le premier film à décrire les différentes formes de harcèlements sexuels en Egypte.

A partir de 2011, les agressions sexuelles, y compris les viols, sont devenues habituelles à l’occasion des manifestations de la révolution égyptienne qui se déroulaient autour de la place Tahrir au Caire. L’application de cette méthode était utilisée pour dissuader les femmes et les activistes de fréquenter les manifestations. Cette fois aussi, les réseaux sociaux et plusieurs ONG ont dénoncé les faits . Le 9 mars 2011, le jour après la Journée internationnale de la femme, plusieurs activistes égyptiennes furent arrêtées sur la place Tahir et ont été soumises au contrôle de leur verginité.

Le phénomène a été reporté par les médias occidentaux seulement quand la journaliste sud-africaine de la CBS , Lara Logan, a été agressée par une centaine d’hommes, toujours sur la place Tahrir pendant qu’elle effectuait un reportage sur la  révolution. Ce ne fut que grâce à un groupe de femmes et à une vingtaine de soldats qu’elle fût sauvée. Plusieurs mois plus tard, elle racontera l’épisode pendant un reportage de “ 60 minutes”.

https://www.youtube.com/watch?v=ENv4Q91Vjz0

https://www.youtube.com/watch?v=bO12X1nhzzk

 Selon quelques organisations égyptiennes des droits de l’homme, il y aurait eu à peu près 500 épisodes de harcèlements et d'agressions  sexuelles de groupe entre 2012 et 2014 en Egypte.

Pendant l’administration de Mohamed Morsi, des frères Musulmans, les incidents sont devenus encore plus violents et fréquents.

Le jour du second anniversaire de la révolution égyptienne, un groupe de femmes survévues à des violences de groupe se sont réunies au café Riche et ont décidé de créer une initiative politique plus ample à ce sujet, elles ont réussi à obtenir le soutien de plusieurs organisations non gouvernatives et de quelques partis politiques mais malgré l’intervention de Lamis El Hadidy, une présentatrice de télévision notoire qui a réussi à porter le débat au grand public, la tentative pour changer la loi pénale a failli complètement.

Une recherche scientique de l’Institute of Development Studies, une organisation non-profit, affiliée à l’université de Sussex décrit le phénomène, la situation juridique et les réponses de la société civile.

Ce n’est qu’après un épisode très grave quand une femme qui avait été prise pour cible par un groupe très nombreux d’hommes et qui a été sauvée par la police que la loi a été partiellement rectifiée.

Malheureusement, ce n’est pas qu’en Egypte que les viols collectifs organisés se produisent. L’australie, par exemple, il y a quelques années a été la scène de dizaines de viols collectifs organisés de la part de jeunes musulmans. Ces faits ont secoué la société australienne pour laquelle, jusque-là, l’intégration des immigrés semblait aller de soi. Ce qui a également choqué les habitants de Sydney, c’est que ces viols étaient motivés par la haine raciale. Il aura fallu toute la ténacité d’une jeune australienne de 17 ans, Tegan Wagner, qui a dû traverser quatre années de procédures et d’audiences, pour que cet aspect sordide de l’affaire soit reconnu. A cette adolescente, les avocats de la défense avaient opposé un barrage de 1971 questions. Le récit de sa quête de justice tient sur près de 600 pages dans les archives des tribunaux de Sydne quand nombreux étaient ceux qui auraient préféré faire silence sur cette réalité.

Les viols commis pendant la nuit de Saint Sylvestre en Allemagne et pas seulement à Cologne, en Suède , au Danemark rentrent tout à fait dans le contexte du Taharrush Jama’i comme l’a d’ailleurs reconnu la police fédérale allemande. ( Voir la photo en haut)

Voici des images choquantes de scènes réelles du Taharush Jama’i

https://www.youtube.com/watch?v=ih3eqMskRHI

Nicole Touati