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Les experts en sureté et sécurité

Comment choisir son système de sécurité et être bien protégé?

05-04-2016
Ne pas banaliser la sécurité!

La recrudescence des cambriolages et des braquages a convaincu beaucoup d’entreprises qu’il était nécessaire de se protéger. Oui ,mais comment? Certains interpellent un installateur et feront installer un système d’alarme ou des télécaméras quelquefois reliés à la centrale d’une société de surveillance et d’autres feront appel à une société de sécurité qui leur enverront un vigile privé.

Est-ce efficace? NON.
Pourquoi? Simplement parce aucun de ces moyens ne servira à empêcher que le délit soit commis.

Prenons le cas des alarmes classiques: si l’on considére qu’un cambriolage ne dure que quelques minutes, il est impossible qu’une intervention puisse être possible avant que les cambrioleurs ne prennent la fuite.
Dans le cas où, le système d’alarme est relié à une centrale, quand le signal d’une intrusion arrivera, l’opérateur doit, selon les procédures, téléphoner au propriétaire et dans le cas où celui-ci ne répond pas, il devra appeler un second numéro de réserve afin de vérifier si il s’agit d’une fausse alarme, si quelqu’un est présent sur les lieux, si quelqu’un peut aller vérifier etc… Ce n’est qu’après cette étape, que la necessité d’une intervention de la part d’une patrouille sur place et d’avertir la police sera prise. Ajoutez le temps d’arrivée sur le lieu, on arrive dans le meilleur des cas à un timing d’au moins vint minutes, ce qui est extrèmement rare, généralement le timing moyen est d’au moins quarante minutes.

Par contre, si le système d’alarme est seulement relié au téléphone de l’entrepreuneur, le réflexe de ce dernier sera de se précépiter afin de constater ce qui s’est passé. De deux choses l’une, si il se trouve à proximité de son entreprise, il risque de se trouver nez à nez avec les malfaiteurs, ce qui s’est souvent produit avec les conséquences qui peuvent en suivre ou il ne pourra que constater l’effraction. Sans vouloir remuer le couteau dans les plaies, je voudrais aussi rappeler qu’il y a aussi des systèmes d’alarmes qui ne fonctionnent pas ou qui sont obsolescents.

Parlons à présent des télécaméras: si elles peuvent constituer un moyen de dissuasion pour certains, des malfaiteurs de profession se contenteront de se cagouler afin de ne pas être reconnus. Elles sont surtout utiles pour les enquêtes et pour étudier le modus operandi et encore, à condition qu’elles aient des caractéristiques bien particulières. Voulons-nous parler des systèmes de vidéosurveillance installés avec n’importe quelle télécaméra, n’importe quel zoom, n’importe quel objectif, n’importe comment et n’importe où ? Il suffit de voir les images des trois terroristes de l’aéroport de Bruxelles pour comprendre ce que j’affirme. Impossible avoir une image nette, de voir les traits des personnes bref de reconnaître avec précision les personnes qui nous intéressent. D’ailleurs ce constat a été confirmé par l’arrestation à Bruxelles d’une personne qui était censée être "l'homme au chapeau" mais  qui n’était pas la bonne!

La présence d’un vigile: cela fait beaucoup d’effet de les voir à l’entrée ou devant une entreprise mais cette surveillance est-elle efficace? Disons que c’est mieux que rien mais dans certains cas, comme vous pourrez lire par la suite, cela ne résout pas le problème.De quoi cela dépend? Il y a parmi ces “surveillants” des personnes compétentes mais que peuvent-ils faire si ils se trouvent devant des criminels déterminés et armés? Rien. Ils ne sont pas armés donc n’ont aucun moyen de défense ou de dissuasion. Sans parler de ceux qui n’ont aucune formation professionnelle.

Je veux vous citer quelques cas à confirmation de mes dires:

Storytelling 1: La semaine dernière, un supermarché à Saint-Jeoire-En-Faucicgny, en Haute-Savoie , reçoit la visite de cambrioleurs pendant la nuit; ils neutralisent le système électrique pour réduire au silence l’alarme et font sauter les barreaux d’une fenêtre puis font sauter le coffre-fort, s’emparent du butin et prennent la fuite. Ce n’est que le matin que le cambriolage a été découvert.

Ma réponse: comment se fait-il que ce système d’alarme n’était pas doté d’une batterie tampon qui fournit l’énergie nécessaire au système d’alarme pendant les coupures de courant?

Storytelling 2: la concession automobile Lorauto, à Longeville-lès-Saint-Avold, qui avait pourtant investi 40.000 euros pour un système d’alarme, des télécaméras et était relié à une société de surveillance est cambriolée en pleine nuit. Les voleurs emportent quatre véhicules neufs de la marque Audi. Les agents de la société de surveillance revendiquent qu’ils n’ont rien vu; ils déclarent s’être rendus sur place au moment où l’alarme s’est déclanchée mais ils n’ont rien noté et pourtant, ils y avait à l’intérieur sept ou huit personnes, tous vêtus de combinaison, gants et masqués qui ont [té repris par les télécaméras. Ils sont d’abord montés sur le toit pour couper la sirène d’alarme, ont détruit tous les capteurs, ont fait sauté des porte set les coffres forts et après avoir découpé la grille externe, il sont partis à bord des véhicules.

Ma réponse: un “default “ sur un système d’alarme est une alarme en elle-même et personne ne regardait les images des télécaméras à la centrale? De plus, vu que le système d’alarme ne fonctionnait plus, pourquoi la société de surveillance n’a-t-elle plas plantonné l’entreprise pour le reste de la nuit?

Storytelling 3: il y a quelques semaines , tout juste à côté du Palais de Justice, à Genève, à 6.30 du matin, un braqueur armé s’attaque à une société de métaux précieux. L’agent de sécurité en service essaie de le bloquer mais le malfaiteur tire, et de justesse manque la femme de ménage qui arrive à ce moment, et ensuite prend l’agent de sûreté en otage avec sa voiture de fonction et s’échappe.

Ma réponse: comment peut-on seulement imaginer qu’une personne désarmée puisse arrêter des braqueurs?

Storytelling 4: Cambriolage au musée chinois qui se trouve au rez-de-chaussée du château de Fontainebleau. Ce lieu est considéré comme l’un des lieux les plus sécurisés de la résidence royale. Une quinzaine d’oeuvres orientales de grande valeur ont été emportées avec une facilité extrême, l’alarme s’est déclanchée mais toute l’opération n’a duré que sept minutes!

Ma réponse: Comment peut-on considérer ce lieu comme l’un des plus sécurisés et penser qu’un système d’alarme classique puisse arrêter des criminels?

Stoytelling 5: 26 montres volées dans un cambriolage au musée horloger De Witt pour une valeur de un million cent cinquante mille francs suisses! Bien sûr, ici aussi, système d’alarme et vidéosurveillance. Deux personnes ont forcé les portes d’entrée avec des barres de fer et ont brisé les vitrines du musée pour s’emparer des bijoux. De plus les malfaiteurs avaient parsemé la route de clous multipointes et quand la patrouille de la société de surveillance est arrivée, les pneux ont éclaté!

Ma réponse: la durée de ce cambriolage peut avoir duré au maximum cinq minutes et la patrouille de toute manière ne serait jamais arrivée à temps pour l’empêcher.

Quelle est la conclusion de tout çà? Tout d’abord, il faut arrêter de banaliser la sécurité de cette manière; la sécurité doit être affrontée de manière professionnelle et sérieuse et aujourd’hui, les technologies ne manquent certainement pas pour empêcher les délits alors que jusqu’à présent, on se limite à les constater.

Aujourd’hui, il y a des systèmes performants et de plus, leurs prix sont abordables, pourquoi rester ancrés à de vieilles solutions?

J’ai toujours revendiqué que ce ne sont ni les installateurs ni les sociétés de surveillance qui peuvent choisir le système de protection d’une entreprise mais les experts en sûreté qui sont en mesure d’évaluer exactement les nécessités exactes. Les installateurs arrivent après pour exécuter les projets conseillés par les experts. Quant aux sociétés de surveillance, elles se doivent de fournir une formation adéquate à leurs personnels et veiller à ce que des procédures bien précises soint mises au point.

Bref, pour construire un édifice, c'est d'abord l'ingénieur qui fait un projet et ensuite les différentes mains d'oeuvre qui l'exécutent. Pour la sécurité, c'est le même principe!