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Les experts en sureté et sécurité

Y a-t-il un risque terrorisme en Suisse?

03-09-2015

Sous estimer ce phénomène peut se révéler extrèmement dangeureux. 

Durant un programme à la télévison alémanique, Nicoletta della Valle, chef de la Fedpol, a insisté sur le fait que les extrémistes vivant en Suisse sont beaucoup plus dangeureux que ceux qui partent pour rejoindre le jihad. Les radicaux , en effet, détestent notre société , a-t-elle ajouté.
Selon la Confédération , 66 suisses combattent actuellement pour l’Etat Islamique et 200 extrémistes vivant en Suisse sont surveillés de près dont une soixantaine de “très près” car ils sont retenus comme etre prets à faire usage de violence.  A noter qu’en proportion , le nombre des extremistes retenus dangeureux connus est le meme qu’en France.
Mais combien d’autres potentiels terroristes inconnus y-a-t-il en Suisse? Eh bien, il est tout simplement impossibile répondre à cette question. Grace à internet, n’importe qui peut se radicaliser et se former directement sur le net pour ensuite passer à l’acte. Malheureusement, beaucoup de jeunes souffrent de crise identitaire et l’idée de devenir un martyr considéré comme un “héros” peut devenir très attractif et une forte motivation pour agir.
Dernièrement, un genevois de 20 ans qui s’était converti à l’islam, cotoyait un groupe extrémiste qui fréquentait la mosquée du Petit Saconnex. Il est parti, il y a quatre mois,  pour la Syrie avec un autre jeune  qui fréquentait lui aussi la meme mosquée. Or deux des trois imams de cette mosquée sont fichés S en France. Ces fiches permettent de suivre les persones à surveiller mais pas de les arréter. Pensez que Ayoub El Khazzani, le tireur maitrisé sur le Thalys était lui aussi fiché S.
Le jeune avait fait un pélerinage en Arabie Saudite puis un séjour en Tunisie et à la fin il disparait ; il  comunique par la suite à ses parents qu’il est au Maroc en vacances mais les parents découvrent à travers les trois numéros de téléphone portable qu’il possède qu’il se trouve en Turquie.
Son comportement avait extrèmement changé depuis sa conversion, son rendement à l’école était absolument nul, et il avait perdu sa place d’apprentissage en décembre dernier, par contre, il s’était plongé de façon frénétique dans l’étude du Coran et de l’écriture arabe et se rendait à la mosquée trois fois par jour pour prier.  
Après sa disparition, la mère du jeune homme a téléphoné à l’un des trois imams pour lui demander de l’aide mais elle a reçu pour toute réponse que l’imam ne connaissait pas son fils et que cela n’était pas son problème, le tout de manière assez brusque. Etrange pour un homme de foi!
Quelques pratiquants ont remarqué des manèges étranges: il y aurait une vingtaine de jeunes très prudents  qui ont des idées très extrémistes provenant de Genève et d’Annemasse. Le groupe est composée  de suisses convertis, de tunisiens et d’autres  provenant des Balkans. Les membres de ce groupe ne parlent qu’entre eux  et  ont été remarqués à tenir des propos de vengeance envers les infidéles et regarder des vidéos du Daech sur leurs téléphones portables. Il semble qu’ils aient un accès priviligé à la mosquée et des réunions se tiennent dans la salle de prière en l’absence des fidèles.
L’un des deux imams fichés S est un français converti, engagé en 2012, meme date de son fichage en France, originaire de Toulouse et est considéré par la France comme une menace potentielle ; il fait partie du dossier Mohammed Merah qui avait tué à Toulouse sept persones, trois militaires et des enfants à l’école juive. L’imam a eu sept  contacts téléphoniques avec Merah quelques mois avant les attentats.
L’autre imam, un autre français converti, a fait des études coraniques pendant une quinzaine d’années à Medina avant d’ètre engagé à la mosquée du Petit Saconnex. Il part ensuite pour quelques mois en Jordanie et revient à Genève. Il est lui aussi fiché S par les français. Il se fait remarquer pendant l’émission Temps Présent le  30 avril car il exprime des idées radicales,  et beaucoup de musulmans de Genève ont été révoltés par ses propos.
Depuis 2007, après quelques problèmes apparamment de gestion, la mosquée est gérée par la Fondation Culturelle Islamique de Genève sous l’égérie de la Ligue Islamique mondiale  et pratique la rigueur Wahhabite saoudienne.  
Pour en savoir plus sur la Ligue Islamique et de certains de ses liens , je vous conseille de lire cet article:http://pleinsfeux.org/les-clubs-et-associations-islamiques-sur-les-campus-etudiants/#.VehntOl3SOh
L’année dernière, un jeune tunisien qui avait distribué des Corans à Genève et qui parlait souvent avec des jeunes pour les convaincre à rejoindre le jihad  et qui  a été expulsé en janvier de Suisse car considéré comme une menace, avait fréquenté lui aussi la meme mosquée.
De meme, les deux jeunes français qui devaient prendre l’avion pour la Turquie au départ de Genève pour rejoindre la Syrie  et qui avaient été arrétés pour etre ensuite renvoyés en France avaient eux aussi rejoint la mosquée dès  leur arrivée à Genève.
La direction de la mosquée bien sur écarte toute responsabilité et défend l’oeuvre de ses imams qui par contre ont refusé de s’exprimer devant les journalistes . Des fidèles ont conféssé , sous l’anonymat , la dérive de la mosquée et n’épargnent pas leurs critiques.
Pour vous faire une idée voir le mapping  des mosquées de Genève, Voir cette enquète du Temps: http://www.letemps.ch/interactive/2015/islam-geneve/
Cette situation est identique à celle observée il y a plusieurs années dans d’autres pays européens qui n’ont pas su relever à temps le grand danger. La fameuse mosquée de Via Jenner à Milan en Italie qui a été un vrai nid de terroristes avec des ramifications gigantesques  en a été un exemple foudroyant.
La Confédération suisse  semble etre bien consciente des dangers: actuellement plus d’une vingtaine de cas liés à la guerre sainte avec un certain nombre d’inculpés sont traités par la justice, à noter le cas des trois irakiens arrétés dernièrement qui projetaient de mener un ou plusieurs attentats sur le territoire helvétique avec des bombes et des gas mortels.
De plus, les menaces lance  contre la Suisse par Daech sont à prendre sérieusement en considération.
Ne pas oublier non plus , l’accueil accordé par la Suisse pendant les années 90 à des extrémistes religieux du FIS dissous, entre autres, qui ont pu continuer leurs activités de prosélitisme vers l’Algérie.
Et que dire de Malika El Around, islamiste radicale  belge d’origine marocaine, femme du terroriste assassin du Commandant Massoud. Elle a séjourné pendant plusieurs années en Suisse, le 22 février 2005 elle est arrêtée d'abord à Guin dans le canton de Fribourg au cours d'une rafle visant un groupe d'islamistes tunisiens, Expulsée du territoire helvétique, elle revient s'installer dans la région bruxelloise. En juin 2007, elle est autorisée à revenir en Suisse avec un sauf-conduit pour son procès au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Elle est condamnée à six mois de prison avec sursis, en 2007  pour soutien à une organisation criminelle et complicité de diffusion d'images d'exécutions et de mutilations d'êtres humains.
Après plusieurs arrestations , elle sera enfin condamnée en mai 2010, à Bruxelles à  à huit ans de prison et 5 000 euros d'amende pour son implication dans la création, la direction et financement d'un groupe à visées terroristes. Si vous voulez lire son parcours, cliquez sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Malika_El_Aroud.
De la Suisse,  il y a eu des financements pour le terrorisme: par exemple, à travers una association humanitaire basée en Suisse, un certain d’Abd al-Rahman bin Umayr al-Nuaymi, quatarien, a financé pendant dix ans  dix ans Al Qaeda en Syrie, en Irak, au Yémen et en Somalie.
La Suisse, certes,  lutte contre le financement du terrorisme et a adhéré à seize conventions et protocoles de l’ONU pour la lutte contre le terrorisme, voir: https://www.eda.admin.ch/eda/fr/dfae/politique-exterieure/politique-securite/nouveaux-defis/lutte-terrorisme/financement-terrorisme.html  
Toutes ces présences et ces situations créent des liens et des racines sur le territoire.
Et surtout n'oublions pas que la propagande jihadiste rappelle sans cesse que la Suisse est la nation qui a interdit la construction des minarets en diffusant la fausse idée qu’elle interdit ainsi la pratique de l’islam.
Nicole Touati