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Les experts en sureté et sécurité

Un jeune de 14 ans condanné pour terrorisme

06-07-2015
Il voulait faire exploser une bombe dans une gare de Vienne

En Autriche, un collégien d’origine turque de 14 ans a été accusé d’avoir projeté un attentat terroristique. Il voulait faire esploser une bombe dans une des gares de Vienne, la Westbahnhof,  pour le compte de l’Etat Islamique.
La sentence a été de deux ans dont huit mois de prison ferme, accompagnés  d’une mise à l’épreuve et de l’obligation de suivi. Le jeune a reconnu les faits et a raconté qu’il avait eu des contacts avec des membres de l’Etat Islamique, qu’il avait essayé selon les instrutions de costruire une bombe en utilisant sa Playstation qu’il aurait du faire exploser pour partir ensuite en Syrie.
Il avait été arrété au mois d’octobre dernier une première fois sur signalisation de la famille sidérée par sa radicalisation croissante mais avait été relaché en considération de son age. A mi janvier, il fugue avec un autre gamin de douze ans avec lequel il souhaite rejoindre la Syrie et les deux sont retrouvés à Vienne, quatre jours plus tard.
La police a retrouvé dans son ordinateur et dans son portable des images de propagande jihadistes d’une extrème violence.
Selon des données récentes, il y aurait à peu près 200 jeunes autrichiens qui auraient quitté le pays pour rejoindre l’Etat Islamique en Syrie et en Iraq. Je suis toujours assez sceptique sur ce genre de données qui sont communiquées, non pas parce qu’elles sont fausses mais simplement parce qu’elles reportent seulement les cas connus. Sur ces 200 jeunes, il y en aurait 70 qui sont revenus et qui attendent en prison le verdict qui décidera de leur sort.
Mais voyons un peu de plus près ces très jeunes  candidats au jihad , car ce jeune autrichien n’est pas le premier mujaheedin de cet age.
D’abord, ils sont reclutés dans des milieux très divers, il ne s'agit pas seulement de jeunes qui vivent dans des quartiers dégradés, à travers internet et des jeux vidéos étudiés à ce but.
Selon une étude faite par le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’Islam et qui a travaillé sur les données de 160 familles qui ont contacté le centre depuis le dèbut de l'année, il apparait que “  les 15-21 ans sont la tranche d'âge la plus touchée (63%) et seuls 5% des jeunes étudiés ont commis des actes de petite délinquance. En revanche, 40% d'entre eux ont connu la dépression, ce qui amène les auteurs à émettre l'hypothèse que l'endoctrinement fonctionne plus facilement sur des jeunes hyper sensibles, qui se posent des questions sur le sens de leur vie".
"Internet est le mode d'endoctrinement repéré dans 91% des cas, notamment avec des vidéos en ligne et des groupes sur facebook invitant à lutter, par l'islam, contre le «complot» de sociétés secrètes. Le passage par la mosquée n'est en revanche pas systématique dans ces ces cas là, et les relations à l'islam semblent à géométrie variable selon les rabatteurs et les réseaux".
La radicalisation ne se repère d'ailleurs pas forcément par une visibilité religieuse, mais par des ruptures avec les amis, les loisirs, l'école ou l'apprentissage, mais aussi les parents dont l'autorité s'efface au profit du groupe, tout comme le processus sectaire. Le rapport décrit ensuite un recul des «identités individuelles» passant par l'adoption du vêtement long pour les femmes (jilbab laissant le visage à découvert ou niqab l'occultant), le changement de nom pour les hommes.
"Les nouveaux discours terroristes ont affiné leurs techniques d'embrigadement en maîtrisant l'outil internet, à tel point qu'ils arrivent à proposer une individualisation de l'offre qui peut parler à des jeunes tout à fait différents, soulignent les auteurs. Ils ont mis au jour «cinq mythes» efficaces : le modèle du «chevalier héroïque» qui fonctionne auprès des garçons, le départ au nom d'«une cause humanitaire» prisé par de jeunes filles mineures, le «porteur d'eau» désignant ceux qui cherchent un leader, la référence au jeu vidéo de guerre «Call of duty» pour les jeunes gens qui souhaitent combattre, ou encore la quête de toute puissance attirant des personnes sans limites".
Le rapport insiste sur l'impact de vidéos utilisant des images subliminales, postées en particulier par le recruteur Omar Omsen lié au front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda. Dans ce cas, une participation virtuelle du jeune à travers le jeu vidéo «Assassin's Creed» a pu favoriser ensuite «le départ pour une confrontation réelle», notent les auteurs.
Je dois ajouter que les résultats obtenus par cette recherche sont à peu près identiques, à part les jeux vidéos indiqués, à une étude sur la radicalisation que nous avions effectué, il y a déjà neuf ans à notre centre d’études sur le terrorisme.